
Au cours de vos promenades au cœur de la Vallée de l’Andelle, vous pourrez découvrir de nombreux moulins, des usines, des gares, des ateliers, des logements ouvriers et patronaux, tous témoins de la remarquable histoire industrielle de notre territoire. Riche d’un passé à l’activité foisonnante, le bassin de l’Andelle témoigne d’une véritable épopée industrielle.
Essentiellement occupée par des moulins à blés et les hauts-fourneaux en activité au 16ème siècle à Normanville, la vallée de l’Andelle développe un nouveau secteur d’activité tourné vers le textile avec la création de moulins à foulons et de filatures. Forte de ses ressources hydrauliques que sont l’Andelle et ses affluents, notre vallée représente une véritable manne financière propice à l’installation d’une industrie textile qui a façonné le paysage lors de son apogée au 19ème siècle. Impression sur étoffe, filage et tissage connaissent un essor considérable, notamment par la proximité de la ville d’Elbeuf, cité drapière de renommée internationale et référence mondiale en termes de tissu. Avec sa situation géographique adéquate, le bassin de l’Andelle abritait à l’époque un des plus importants secteurs industriels de Normandie avec une centaine d’ouvrages hydrauliques sur une cinquantaine de kilomètres le long de l’Andelle. Usines, moulins et filatures, tous situés le long des cours d’eau, rythmaient la verte campagne Euroise.
La commune de Charleval n’est évidemment pas en reste et participe à cet essor industriel avec l’ouverture sur son territoire de plusieurs industries. En 1720, John Law, banquier et économiste écossais également ministre des Finances du royaume de France fonde une manufacture de laine. En 1767, le fermier général Jean Pierre Koly qui avait créé une fonderie à Deville lès Rouen fit construire une fonderie d’or en 1768 le long du canal sur les anciens Grands Jardins que le roi Charles IX avait fait aménager sur Charleval.

Ci-contre : usine d’impression sur étoffes Martin Liesse
Bien que ces deux entreprises ne furent pérennisées dans le temps, d’autres usines eurent un plus franc succès, comme celui de la fabrique de toiles peintes de l’entrepreneur Martin Liesse en 1778, qui nécessita l’embauche de nombreuses personnes au sein de la vallée jusqu’à sa fermeture en 1803, causée notamment par la concurrence qui s’installe sur le territoire comme la fabrique d’indiennes des deux frères Pierre et Charles Anty.
Apparaissent ensuite les premières filatures mécaniques comme en 1809 où Jacques Michel Neuville se porte acquéreur de la filature de la Tannebrune, alors équipée que d’un seul métier. L’entreprise connaît un rapide essor et totalise en 1812 huit métiers dont six mule-jenny (machines à filer à énergie hydraulique qui, au fur et à mesure de ses perfectionnements, fila d’un même mouvement de 30 à 1 000 fils en même temps).
Sur l’Andelle s’implantèrent des filatures de coton, à la Tannebrune (1819), au Pont d’Andelle (1820) et aux Jardins (1845) où Peynaud ajouta bientôt des métiers à tisser à sa filature tandis que Hilzinger créait une usine spécialisée dans le tissage à Transières (1860).
Au 20ème siècle, le déclin de l’industrie textile a donné lieu à diverses reconversions. Cet âge d’or industriel que connu notre vallée aura profondément marqué l’identité culturelle de notre territoire.
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